Famille reconstituée: Quand le rêve n’est pas réalité…


On ne choisit pas sa famille, dit-on, mais on choisit peut-être encore moins sa famille recomposée. Vanessa nous raconte avec franchise les réalités de cette expérience que plusieurs envisagent difficilement.

Je venais à peine d’entamer la vingtaine et j’étais fraichement sortie d’une relation de deux ans, lorsque j’ai rencontré celui que j’appelle maintenant mon mari. Nous nous sommes rencontrés sur le Net, par pure coïncidence, n’ayant absolument aucun ami en commun. Il a écrit un commentaire, sous une de mes photos, qui a capté mon attention et que je n’oublierai jamais : “Toi dans mes bras, sois certaine que je ne te laisserai jamais tomber”. Je fus tout de suite intriguée. En faisant le parcours de ses photos, j’ai non seulement ressenti sa gentillesse et la sincérité de son coeur, mais j’ai aussi fait la découverte d’un élément qui aurait probablement fait fuir n’importe quelle autre femme. J’ai découvert qu’il avait deux jeunes garçons. J’ai, tout de même, ressenti que j’avais trouvé mon homme. Après avoir discuté pendant des jours, nous avons finalement décidé de nous rencontrer en personne et le coup de foudre fut instantané et réciproque. Nous avons parlé pendant des heures pour réaliser que nous avions trouvé ce que nous recherchions chez un partenaire. J’étais comblée et il ne fut pas long que je commençais à rêver de notre futur ensemble, à combien nous serions une parfaite famille en harmonie. Un rêve si doux, qui semblait si réel, que je ne voulais pas me réveiller.

Quand la réalité frappe de plein fouet…

Malheureusement, mon rêve fut de courte durée et la réalité m’a frappée de plein fouet… Qu’en était-il d’ELLE, la mère de ses enfants, celle avec qui, il avait partagé les 9 dernières années de sa vie?

Ce ne serait pas un problème! me suis-je dit. Nous sommes des adultes, qui ont un intérêt à ce que cette nouvelle situation se passe bien pour l’amour des enfants. Nous allons nous asseoir, faire connaissance et elle va vite  se rendre compte de la bonne personne que je suis et de mes bonnes intentions. Je n’aurais pas pu plus me méprendre! En peu de temps, j’ai réalisé que cette nouvelle relation était mon billet vers Animositéville. Je mentirais si je disais que face à l’adversité, je ne lui ai pas rendu la pareille. Nous sommes, toutes les deux, des femmes à fort caractère. Malgré le fait que nous restions courtoises en présence des enfants, il était clair que nous ne supportions pas de respirer le même air. Bien que j’aurais souhaité le contraire, cela n’a pas été le cas pendant les 12 années qui ont suivi le début de ma relation.

Quand l’agitatrice en moi a décidé que c’était assez!

Dernièrement, j’ai décidé que c’était assez! Si j’étais pour porter fièrement l’étiquette d’agitatrice, je devais poser les actions qui s’y rattachent. Je devais prendre mon courage à deux mains, afin de faire avancer les choses et apporter un changement. Pour les besoins de cet article, mais beaucoup plus pour mon bien-être personnel, j’ai décidé de lui proposer que nous nous assoyions ensemble afin de discuter. À ma grande surprise, elle a accepté et voici ce qui en a découlé.

Deux réalités, deux perceptions, une solution!

Pendant que je peignais une parfaite toile de la famille reconstituée, son canva est demeuré parfaitement vierge. Jamais, elle n’avait envisagé que la relation avec l’homme de sa vie aurait pris fin de façon définitive. Par ses paroles, j’ai réalisé que j’avais fait preuve d’une grande insensibilité à son égard. Mon réflexe, dès le début de notre relation, a été de marquer mon territoire en lui montrant, de façon plus ou moins directe, que j’étais là pour rester. Par manque d’expérience, je n’avais pas réalisé que cette femme qui, avait bâti un foyer et une famille avec un homme , qui était, à ce moment là, l’amour de sa vie, avait toujours l’espoir d’une réconciliation, malgré leur rupture. Ma présence dans son quotidien s’était produite de façon si soudaine et cette nouvelle relation était devenue sérieuse si vite. Aucune communication ne s’était préalablement faite entre elle et lui afin de la prévenir de ma présence.  Si bien qu’elle s’est mise en tête que j’étais la raison de leur rupture, ce qui était faux, bien sûr. Je lui ai demandé ce qui aurait pu être fait différemment, afin que cette situation soit plus facile à vivre pour elle et les enfants. Elle m’a répondu qu’il n’aurait fallu qu’une profonde conversation entre elle, lui et les enfants. Mettre de la lumière sur les causes de leur échec et les circonstances de notre rencontre.

 

La rassurer que je n’étais pas là pour la remplacer ou remettre en question ses décisions en ce qui à trait aux enfants ou prendre moi-même des initiatives sans la consulter.

 

Comme je l’avais prévu, cette conversation, quoique émotionnelle, a fait la lumière sur plusieurs choses. Spécialement sur le fait que toute cette animosité, envers moi, n’était qu’une projection du fait qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de faire son deuil. Ce n’était nullement parce qu’elle avait une haine contre moi. C’était dû au fait que mon conjoint n’ait jamais pris cette initiative, malgré que je lui ai proposé à maintes reprises de le faire. Qu’on se le dise, certains détails ne leur traversent pas du tout l’esprit. Dans sa tête, il était heureux avec moi et voilà tout. J’avais à quelques reprises essayé de l’approcher, elle, avec l’idée que nous ayons une conversation, seule à seule, en vain. Toutefois, grâce à cette rencontre,  j’ai compris pourquoi ce n’était pas possible. Elle avait besoin de temps pour faire le ménage, autant dans sa vie, dans sa tête que dans son coeur.

Quelle direction prendre à partir de maintenant?

Nous nous sommes entendues que nous aurions dû avoir cette conversation bien avant. Cela aurait évité bien des malentendus, des situations inconfortables et des dépenses exorbitantes chez un psy. Cela aurait aussi favorisé un environnement beaucoup moins hostile pour les enfants, car au bout du compte, ce sont eux qui ont le plus souffert. Je crois qu’on oublie parfois  que leur réalité est aussi chamboulée par ces changements. Nous avons réalisé que nous avons perdu tellement de temps à nous détester que, nous avons manqué la chance de nourrir une belle amitié, sachant maintenant que nous avons tellement de points communs.

À la fin de notre conversation, qui a durée près de trois heures, j’ai senti, d’une part, un vent de changement et un poids se retirer de mes épaules. D’autre part, j’ai ressenti toute une fierté, à mon égard d’avoir fait preuve de force et de courage et à son égard, pour le chemin parcouru en vue de son développement personnel. Je peux témoigner qu’elle n’est plus du tout la femme que j’ai connu, il y a 12 ans.  J’ai vraiment été émerveillée devant sa maturité et sa sincérité et nous entretiendrons, définitivement, cette nouvelle amitié.

Voici certaines des facettes de l’ “Empowerment” féminin;

SE POUSSER mutuellement à dépasser ses limites afin d’être la meilleure version de soi-même.

PARTAGER des outils pour mieux avancer.

S’ENTRAIDER plutôt que se déchirer. Je suis tellement reconnaissante de ce moment, que j’ai passé avec elle et pour ma part, ce sont de telles initiatives qui aideront la gente féminine à avancer dans toutes les sphères.

Pour terminer…

Je terminerai avec ces quelques lignes, pour vous, femmes qui passez à travers la même situation. J’espère que cet article saura vous aider à voir plus clair. Rien ne sert de retenir de la rancune et de rester dans le passé. Ce sera difficile mais, faites preuve de maturité car, au final, vous ne vous faites que du mal! Je ne dis pas que vous devez nécessairement être des amies, mais il ne sert à rien d’être des ennemies. Vous ne vous en rendez peut-être pas encore compte, mais vous entrez maintenant dans une nouvelle dynamique où vous ferez longtemps partie de la vie de l’autre car, des enfants sont impliqués.

Sachez que des ressources sont à votre disposition dans les CLSC. Vous trouverez, entre autres, des groupes de discussions constitués de femmes vivant les mêmes situations que vous, avec qui vous pourrez partager, et ce, sans jugement. Certaines écoles primaires offrent le service d’une orthopédagogue aux parents d’enfants vivant une séparation.

Pensez aux enfants, car ils méritent un environnement sain et équilibré, afin de donner le meilleur d’eux-mêmes. Ne sous-estimez pas non plus le pouvoir de la communication. L’art de la communication est l’un des éléments clé du leadership et qu’est ce qu’une agitatrice, sans leadership ?

P.S.

À toi, Caroline, j’aimerais prendre le temps de te remercier d’avoir accepté cet entretien et je te félicite pour ton parcours. Tu as fait la lumière sur plusieurs choses et j’espère que j’ai su faire de même. Je n’oublie pas qu’on s’est promise d’aller prendre un verre et tu sais comment je peux être persistante.

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