Le bien-être, un privilège?

Sur les différents médias sociaux, je remarque une recrudescence des plateformes faisant l’éloge du bien-être et du selfcare. Cette nouvelle vague me touche particulièrement, car je suis entourée de femmes fortes et fières qui s’accordent rarement le droit à une pause.

Je suis moi-même tombée dans le piège de l’anxiété de performance à plusieurs reprises et je travaille activement, chaque jour, pour penser à moi à travers ce joli chaos qu’est le mode de vie nord-américain. Je ne peux toutefois m’empêcher d’être critique face à cette tendance qui, bien souvent, me semble ancrée dans le consumérisme. Aller au spa, recevoir un massage ou un traitement capillaire sont certes, des plaisirs qui font du bien. Mais qu’en est-il des femmes aux horaires surchargés ou dans une situation de vulnérabilité? Qu’en est-il des femmes dont l’état de santé les empêche de pratiquer de telles activités?

Je suis consciente que, comme dans tous les courants, on nous vend un style de vie. Pour les femmes pouvant se le permettre, se procurer ces petits luxes sont des moyens sains de s’accorder du temps pour soi. Or, je suis aussi pour la diversification des plateformes et je souhaiterais que le bien-être et la paix d’esprit soient des concepts accessibles à toutes et à tous, et ce, sans égard au pouvoir d’achat. Je vous présente donc quelques stratégies permettant de se recentrer et nécessitant peu de ressources matérielles.

Savourer l’instant présent

Je discutais avec une amie proche, qui m’expliquait que pour elle, le bien-être pouvait se résumer à une seule minute de silence dans sa journée. Étant mère de deux jeunes enfants en bas âge, les moments de tranquillité se font rares. Or, dès qu’elle le peut, elle ferme ses yeux et savoure sa bouchée, elle regarde les arbres dans sa cour et elle inspire profondément. Par la suite, elle retourne à son quotidien effréné, mais avec une attitude plus sereine. En l’écoutant parler, je me disais qu’elle appliquait, sans nécessairement le réaliser, les principes de la pleine conscience à sa vie.

Lorsque la vie devient trop intense et que les défis vous submergent, il peut être utile, même si ce n’est pas une tâche facile, de s’accorder ne serait-ce qu’une minute de ressourcement. Soixante secondes où le moment présent est tout ce qui compte.

Exprimer sa gratitude

C’est la chercheure et professeure en sciences humaines et sociales, Brené Brown, qui m’a introduite au concept de la gratitude. L’auteure du désormais célèbre Ted Talk The Power of Vulnerability a passé des années à colliger des données sur les habitudes des gens se disant heureux. Elle explique que le dénominateur commun entre toutes ces personnes que d’une façon ou d’une autre, ils expriment leur reconnaissance au quotidien.

Dans la vie de tous les jours, cela peut prendre la forme de tenir un journal de gratitude, ou de se lever chaque matin en étant satisfait de ce qu’on a. Dans les périodes plus sombres, où il est difficile de trouver du positif, cela peut être aussi vaste que d’être reconnaissant de savoir lire, écrire, ou d’être en vie, tout simplement.

Porter attention à son discours intérieur

Je suis de celles qui croient que nos pensées forgent nos actions, et que nos actions contribuent à forger notre réalité. Cela demande un effort conscient et constant, mais avec le temps, la restructuration de nos pensées aide à se sentir mieux. C’est d’ailleurs l’un des postulats derrière la thérapie cognitivo-comportementale, qui est une approche reconnue par la communauté scientifique.

Pour appliquer ces principes à sa vie, il faut avoir atteint un certain niveau d’introspection et être en mesure de monitorer nos pensées. Suite à un événement, nous avons tous des pensées automatiques, qui sont presque impossibles à contrôler, telles des réflexes. Or, nous pouvons avoir le contrôle sur les pensées subséquentes, et corriger la pensée automatique négative avec une réponse plus positive. Par exemple, lorsque j’ai constaté que ma voiture avait été la cible d’un délit de fuite, ma pensée automatique a été chargée de colère. Cependant, rapidement, je me suis dit que j’avais eu de la chance de ne pas être dans la voiture lorsqu’elle a été percutée. Je suis fière d’avoir fait le travail nécessaire pour en arriver là, mais je suis très consciente que c’est un processus complexe.

En terminant, j’aimerais souligner que prendre un moment pour soi n’est pas égoïste, mais une nécessité.

N.B Si vous éprouvez une détresse qui dépasse la déprime passagère, sachez que vous n’êtes pas seules. Il existe des ressources pour vous aider. Parlez à votre médecin ou présentez-vous au CLSC de votre quartier. Bon courage.

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