Pourquoi je refuse de prendre un job 9 à 5

Vous avez sûrement déjà entendu cette phrase : «Maintenant que tu as un enfant, tu dois être responsable. Tu ne peux plus vivre comme avant. Il va falloir que tu te cases professionnellement».

Depuis la naissance de ma fille, j’ai entendu cette phrase maintes et maintes fois et ma réponse ne semble jamais convaincre ceux et celles qui me la répètent comme une évidence ! Si je dois avouer que le stress financier associé à la vie d’entrepreneure peut parfois peser lourd, jusqu’à présent il n’a pas eu raison de ma détermination à vivre de ma passion.

J’ai réfléchi longuement aux conséquences de ce choix sur ma fille et son avenir. Ça serait mentir que de dire qu’il n’y a pas des journées où je doute, où je me demande si c’est vraiment la voie à suivre. Mais très vite, je me rends à l’évidence que ce choix m’appartient et qu’il n’en revient qu’à moi de faire tout en mon possible pour garantir un avenir brillant à ma fille sans jamais sacrifier mes rêves et mes idéaux.

Dans quelques mois, j’aurai 40 ans. C’est donc dire qu’il me reste au plus 10 à 15 ans de vie professionnelle active. 15 ans ça passe vite ! Alors, comment est-ce que je veux les passer? Est-ce que je veux être malheureuse dans un travail stable et bien payé ou est-ce que je veux gagner moins et être totalement épanouie ?

J’ai fait le choix d’être heureuse et de faire ce que j’aime au quotidien.

Tous les matins, les petits babillages de ma fille me réveille. Pas besoin d’une alarme ! Elle se réveille quand cela lui tente. Les jours de chance c’est 6h45, mais en général elle est debout vers 5h45. Certains matins, un miracle s’opère et elle est debout à 8h.00. Encore là, je ne la brusque pas, je suis en quelque sorte son rythme. On a notre petite routine complètement libérée. Pas de pression. Pas de course contre la montre pour être au boulot à 9h00. On déjeune et ensuite on prend notre douche ensemble. Elle joue dans sa chambre pendant que moi je me prépare. Ensuite à son tour, une fois que je l’ai habillée et coiffée, on met de la musique et on danse à tue-tête (jusqu’à présent les voisins n’ont fait aucune plainte). Elle adore la musique de Motown et elle commence vraiment à développer des pas de danse digne des Jacksons Five.

Une fois la session de danse et chant terminée, on se met en route pour la garderie. En général, je la dépose entre 8h30 et 9h00. Quand il fait très beau, on marche. Outremont est magnifique en été. Une fois dans les mains d’une des éducatrices, elle m’envoie des bisous et je referme la porte de la pouponnière avec des sentiments mitigés. Je me sens libérée, mais je m’ennuie déjà d’elle.

Mais pas le temps de trop m’égarer, ma journée commence à ce moment. Je me suis fait un horaire et je tente de le suivre le plus fidèlement possible. Comme je suis seule, je dois donc être hyper organisée si je veux être capable d’être autant efficace dans mes tâches familiales que mes impératifs professionnels. De 9h à 14h, je me concentre sur mes projets professionnels : développement de mes entreprises, recherche de mandats (faut bien que je gagne ma vie en attendant que mes entreprises décollent), meetings, etc. À partir de 15h, je reprends mon rôle de mère de famille et je me consacre aux tâches reliées à la maison : ménage, courses, lavage, repas, etc.  À 17h, je vais récupérer ma fille et on va au parc pour quelques minutes. À ces heures, impossible de me rejoindre au téléphone, je veux me consacrer pleinement à Eva. À 20h, elle s’endort et moi je recommence à travailler sur mes projets jusqu’à environ minuit ! Et c’est comme ça 5 jours sur 7.

Ce n’est pas facile, mais ce qui rend le tout plus agréable est que je suis heureuse et épanouie. Je n’ai jamais l’impression de devoir courir partout et d’imposer le stress de ma vie à ma fille. Quand elle est malade et qu’elle ne peut pas aller à la garderie (ce qui est arrivé un nombre incalculable de fois depuis qu’elle a commencé à la fréquenter), je ne sens aucune pression ou stress à manquer des jours de travail. Je n’ai pas un patron qui me fait sentir coupable d’être mère ou je ne vis pas avec cette fausse impression que je ne pourrais pas atteindre mes objectifs professionnels au travail en raison de mon statut de mère. Je reste à la maison avec elle et j’opère mes affaires du mieux que je peux.

Croyez-moi, je ne dis pas que c’est le paradis sur terre, il y a des défis à relever ! Mais je les assume pleinement.

La vie d’entrepreneur est un long voyage périlleux et je l’ai entrepris en toute connaissance de cause. La maternité a certes changé ma vision des choses, mais elle m’a également donné encore plus de détermination pour réussir.  Une amie m’a récemment dit qu’elle était inquiète pour moi. Qu’elle me voyait travailler avec tellement d’ardeur sur mes entreprises sans que les gains financiers soient au rendez-vous ! Elle me disait stresser sa vie pour moi. Sa solution : me trouver un job à temps plein.

Ma réponse a été très insensible, je dois l’avouer et je ne veux pas la répéter ici. Je veux même m’excuser ! J’ai été maladroite, mais voici ce que j’aurais dû lui dire : « Ne t’inquiètes pas pour nous. La vie est courte et j’ai envie d’en profiter au maximum. J’ai envie de me réveiller chaque matin en ayant la conviction que ce que je fais à un impact dans la vie des gens. Je veux pouvoir utiliser mes dons pour faire en sorte qu’on vive dans un monde meilleur. Je ne veux pas partir en ayant des regrets. Je veux que ma fille puisse avoir pour modèle une mère, une femme qui a choisi de vivre selon ses convictions et qui n’a pas eu peur de l’échec. Une femme qui a réussi sans jamais sacrifier ses valeurs. Je veux que ma fille, une fois adulte, fasse des choix basés sur des valeurs humaines. Que la peur ne soit pas ce qui la guide, mais bien l’audace de faire autrement.»

 

Pourquoi je refuse de pendre un job 9 à 5, même en étant mère monoparentale ?

 

Tout simplement, parce que je n’ai qu’une vie à vivre. Mes rêves et mes ambitions, je ne peux les réaliser que dans cette vie. Parce qu’il ne me reste pas beaucoup de temps pour réussir et accomplir mes projets les plus fous. Parce que j’ai tout ce qu’il faut pour atteindre mes objectifs. Mais la raison la plus importante parmi toutes, est que j’ai un petit être qui me regarde et à qui je veux transmettre les leçons suivantes :  Rien est impossible. Ta situation présente ne détermine pas ton avenir. Tu as la possibilité de tout accomplir. Crois en toi. Fais-toi confiance ! Choisi ton bonheur avant tout !

  • Commentaires ( 13 )

  • Doudou Boicel

    CARLA, TU AS FAIT LE MEILLEUR CHOIX DE TA VIE. TU ES UNE BELLE FEMME D’AFFAIRES, INTELLIGENTE ET SURTOUT DÉTERMINÉE À NE PAS ÊTRE ESCLAVE PENDANT DES ANNÉES, POUR TE RETROUVER AVEC UNE PENSION DE B.S. QUI NE PERMETTRA, PAS POUVOIR PAYER TES MÉDICAMENTS. JE T’ENCOURAGE, DE CONTINUER. JE N’AI JAMAIS TRAVAILLÉ POUR PERSONNE. QUE, POUR MES ENTREPRISES.

    • Agitatrice En Chef
      Agitatrice En Chef

      Merci Doudou

  • James Taylor

    Je viens de lire ton article et je te felicite beaucoup d’avoir fait ce choix de vivre ta vie, tes reves et non de courir apres un job juste pour se sentir en securite. Tu gagnes peut-etre moins mais tu vis beaucoup mieux.

    • Agitatrice En Chef
      Agitatrice En Chef

      Merci pour les mots

  • Coralie

    Je refuse egalement! Merci Carla pour ce post

    • Agitatrice En Chef
      Agitatrice En Chef

      Ce n’est pas facile ! Il ne faut pas abandonner

  • Sam

    Wow! Tres bEau teXte carla ! Je refuse aussi! Bonne CONTINUATION!

  • Johanne

    Cet horaire ressemble au mien. Ma fille est Un peu plus vieille (4 ans) et je suis TRÈS fiÈre d’avoir enfin réussi, depuis près d’un an, à intégrer le sport À tout ça. J’adore Pouvoir choisir mon propre horaire, et surtout, ne pas avoir à demander la permission pour prendre congé, m’absenter le
    Midi pour aller nager ou pour travailler le soir. Mais je constate tellement de résistance. Ce n’est pas raRe que des entreprises que je conTacte pour des mandats me proposent de deVenir salariée pour eux. Je me remets souvent en question car la fameuse insécurité financière est Lourde à porter…

  • Kara antoine

    Je suis tellement émue par ton article. Je me reconnais en toi d’une certaine façon même si je ne suis pas renduE au stade d’avoir des enfants.
    jE TRAVAILLE UNE SEMAINE SUR 2 DANS UN HÔPITAL ET LE RESTE DU TEMPS, JE TRAVAILLE SUR MES AUTRES PROJETS ET C’EST TOUJOURS LÀ QUE JE ME SENS LA PLUS HEUREUSE.!
    lE RÊVE SERAIT DE POUVOIR ME CONSACRER À CES ACTIVITÉS À TEMPS PLEIN! oN CROISE LES DOIGTS! jE TE COMPRENDS ET JE T’ENCOURAGE À CONTINUER DE SUIVRE TON COEUR!

  • Christina

    Bravo pour ce bel arTicle carla. Je n’ai jamais su exprimer aussi clairement les raisons de mes choix professionnels. J’ai juste agi par instict et conviction. Mes enfants ont 25,23 et 21 ans maintemant et je peux te Confirmer que ce choIx de Vie (Un chemin professionnel non-conVentionnel) a portÉ des fruits dans leur vie. Je les regarde vivre selon leur conviction que “rien n’est impossible” et qu’ils ont la “Possibilité de tout accomplir” et c’est un sentiment merVeilleux qui m’envahit a ces moments là, quand je réalise que je n’ai pas osé La Liberté pour rien. Ils sont fiers de mon parcours et c’est très émouvant de les entendre me lE dire. Continues a vivre ta passion. Comme tu le dis, cela vient avec de gros moments de doutes, Mais AvEc la détermination que tu as, tu vaiNcras.

  • Stéphanie

    Que C’est beau et inspi Carla. Merci d’Avoir partagé. Je te souhaite de réaliser touS tes rêves Queen! Stéphanie

    • Agitatrice En Chef
      Agitatrice En Chef

      Merci beaucoup

  • Miss Fen

    Wow, merci pour ce partage,… #iNspirant

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