Véronique Verreault

Malgré toutes les embuches, elle garde la tête haute. Féministe et décomplexée, elle veut normaliser l’utilisation des jouets érotiques. Elle ne lâchera pas le morceau, sa Ténacité est Sexy ! Elle révèle le vrai visage de l’entreprenariat et les défis auxquels doivent faire face les entrepreneurs dans une industrie si controversée.

Véronique Verreault, fondatrice de Miss VV’s Mystery, est une entrepreneure des temps modernes ayant à cœur d’améliorer la vie des femmes et des couples des quatre coins du monde. Après plusieurs années de recherche avec des ingénieurs, designers industriels, sexologues, développeurs d’applications mobiles et bien d’autres, Miss VV a mis au monde Miss On the Go, une combinaison révolutionnaire entre le vibrateur traditionnel et les boules chinoises.

On demande à toutes nos agitatrices de nous partager une citation qui les inspire.  Quelle est la vôtre et que représente-t-elle pour vous ?

Il y a plusieurs citations qui m’interpellent en fait. Mon idole c’est Walt Disney et si je devais en choisir qu’une ce serait celle-là : « Tous nos rêves peuvent devenir réalité, si nous avons le courage de les poursuivre. »  Pour moi, Walt Disney c’est un modèle à suivre, il a créé son entreprise à partir de rien, il a fait faillite et a continué à croire en ses rêves et à croire en lui surtout. Il a réussi non seulement à mettre sur pied une compagnie, mais il a créé un monde à part, un empire. Écoute quand tu dis que tu t’en vas à Disney World, tu comprends que ça a été vraiment loin son affaire…Il fait rêver non seulement les enfants, mais les adultes également.

Depuis toute petite j’admire cet homme et cette citation signifie que oui c’est vrai que tes rêves peuvent devenir réalité, mais faut que tu pousses. Si tu crois à ton projet, oui c’est possible de le réaliser, mais ça prend des actions par exemple.  Je ne crois pas qu’il suffît juste de faire de la visualisation pour que tes rêves se réalisent comme le prône certains livres comme Le Secret. Oui, c’est bien de visualiser, mais à un moment donné, il faut poser des actions aussi. Tu peux pas juste rester sur ton sofa à t’imaginer avoir ta propre entreprise.

Rapidement, qu’est-ce que Miss on the GO ?

Miss on the Go est un jouet érotique connecté à une application mobile. Tu peux non seulement l’utiliser pour la masturbation, mais c’est aussi un outil qui est bon pour la santé. Miss on the Go aide les femmes à tonifier leurs muscles pelviens. C’est une boule chinoise vibrante qui va te permettre de localiser tes muscles pelviens et ça va te donner du plaisir durant des exercices de Kegel.

L’application mobile peut être considérée comme une menace, mais moi je la considère comme un plus. Je donne à la femme l’opportunité de contrôler soi-même son jouet ou de lancer une invitation au partenaire de son choix à travers un jeu intégré. Si madame est en relation ou qu’elle connaît quelqu’un et qu’elle désire l’inviter à participer au jeu, elle peut lancer une invitation. Sinon, j’ai également créer un petit jeu comme Tinder pour les femmes célibataires qui utilisent Miss on the Go. L’application comporte un réseau social où les femmes et les hommes du monde entier peuvent se rencontrer sous le sceau de l’anonymat, afin de donner vie à leur fantasme.

Vous faisiez quoi dans la vie avant la création de votre entreprise ?

Avant de me lancer en affaires, j’ai fait plusieurs choses, j’ai touché à tout. J’ai une formation en administration, mais j’ai aussi un côté artiste, j’ai été danseuse de baladi professionnelle pendant quelques années. La semaine, j’allais à l’école à temps plein, j’avais aussi une job à temps plein et le week-end, je donnais des spectacles de baladi. Sérieusement, I rocked ! C’était beaucoup de travail et aujourd’hui ça l’est encore, je suis constamment en fin de session.

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans l’industrie des technologies du sexe ?

C’est une très longue histoire, je vais essayer d’être brève ! À l’adolescence, j’utilisais déjà des jouets érotiques et ça a été un outil qui m’a appris à me connaître, à connaître mon corps et ça a motivé mon choix. Quand je rentre dans un sex shop c’est comme si je suis à Walt Disney justement. Je suis comme un enfant dans un Toys R Us ! OMG c’est beau, c’est l’fun pis j’ai le goût de tout acheter !  Je trouvais, à l’époque, que plusieurs jouets étaient un peu trash.  Le packaging n’était pas bon. Les filles avaient quasiment toutes un bonnet Z, certains modèles étaient toxiques. Je trouvais qu’il y avait quelque chose à faire. Je me souviens que je venais de finir l’université et je me cherchais un projet.  À l’époque, je travaillais dans une école et je faisais de l’administration. Je me rappelle que j’étais en train de texter quelqu’un, j’avais des boules chinoises, et j’ai eu un déclic. J’ai fait comme ok, je viens de trouver mon projet, ça y est ! Ça a été une révélation et finalement, j’ai été loin avec ça, hein ! Moi, ça faisait des années que j’utilisais des boules chinoises à 19,95 $. J’allais deux à trois fois par semaine travailler avec, mais personne ne le savait. Je tonifiais mes muscles et j’avais un petit plaisir subtil, pas assez pour avoir un orgasme sur sa chaise, attends on se calme-là (rires) !  Je suis une fille qui est all in partout. Je travaille, je bois mon café, je prends mon biscuit, et je fais ma musculation tout ça en même temps ! C’était vraiment une idée comme ça, et c’est tout le côté santé qui m’allumait aussi, l’utilité du produit. Je savais que je pouvais l’amener d’une manière qui me correspondait et qui pouvait faire la différence pour d’autres.

 

J’ai besoin de m’accomplir dans la vie, je suis une fille comme ça. Chaque projet que je touche, j’y touche all in ou j’y touche pas !

Comment vous passez de l’idée à l’action ?

Je me suis dit qu’il fallait que je m’essaie et j’étais obsédée là, j’en dormais quasiment plus, je me disais my God que ça va être écœurant ! Pis là, j’ai commencé mes recherches sur les jouets sexuels connectés et j’ai trouvé qu’il en existait déjà quatre sur le marché. J’étais tellement déçue que mon idée soit prise, je faisais ma petite victime pis je chialais. J’ai décidé de me kicker le derrière, pis je me suis dit ok whatever ! Je me suis dit, tu n’es peut-être pas la première à y penser, mais on s’entend qu’il y en a pas beaucoup sur le marché.  T’as été à l’université pour te chercher des outils, donc girl, tu vas les mettre en pratique. Tu vas trouver comment différencier ton produit, comment l’amener, c’est quoi le message que tu veux, c’est qui ta clientèle, parce que c’est en connaissant ton public cible que tu vas pouvoir résoudre la problématique. J’ai trouvé ça vraiment dur parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’information et c’est une industrie à part !

Je n’ai pas une formation en sexologie ni en santé féminine ! J’ai dû aller chercher de l’aide.  J’ai dû consulter des professionnels. Il fallait que j’aille chercher leur expertise afin de réaliser mon projet. Quels sont les matériaux sécuritaires ? Pourquoi utiliser un matériau plus qu’un autre ? À l’intérieur, comment c’est fait ? Pourquoi choisir cette taille, cette grandeur ? Je me posais plein de questions, et honnêtement qui étais-je pour dire que mon jouet devait être comme ça, quand je n’avais pas toutes les réponses ?

Avez-vous eu des mentors ?

Oui, la première mentore que j’ai été cherché pour mon projet est Yvonne Calloway Smith, une experte en Relations Publiques et mon professeur à l’université McGill. Elle est là depuis le début. Elle m’a beaucoup aidée, pas juste au niveau des idées, mais même au niveau de mon moral. Elle m’a toujours encouragée, elle a toujours été là ! Elle croit en moi depuis le début.

 

J’ai été chercher de l’aide parce qu’à un moment donné, il faut être assez humble avec soi-même et reconnaître qu’on ne sait pas tout. Je suis humaine, je ne suis pas superwoman !

 

Il faut se renseigner et c’est le fun d’avoir l’opinion d’autres personnes qui sont expertes dans leur domaine, qui comprennent ta vision et vont pouvoir t’aider à la réaliser. Les consultants que j’ai en ce moment ne sont pas les mêmes que j’ai eu au début, pantoute, ô que ça a changé ! J’ai vécu pas mal d’affaires moi. Je me suis plantée à plusieurs reprises.

Quels ont été les plus grands défis auxquels vous avez dû faire face ?

Ah ! Il y aurait matière à écrire un livre sur toutes les choses que j’ai vécues. Je ne suis pas encore rendue là par contre…Tout ce projet-là en lui-même a été un défi. Sérieusement à partir de la journée où j’ai dit je vais faire un jouet érotique connecté, ça a été dur. Mon parcours n’a pas été comme sur des roulettes. Le nombre de fois que je me suis cassée la gueule là-dedans, que j’ai mangé des shots, des shots pas légales-là, pas juste un coup de poing ou un upper cut, ça a été des coups en bas de la ceinture. C’est rhoff là ! Mais j’ai choisi une grosse industrie aussi. Je n’ai pas choisi un petit projet et ça je le savais. Je ne savais pas ce qui allait arriver au début, mais je me suis toujours dit que j’allais faire de mon mieux. J’ai appris à mieux me connaître, je me suis vraiment dépassée.  À date, je peux dire que je me suis dépassée à un niveau que je n’aurais jamais pensé être capable. Être capable d’autant encaisser, de trouver des solutions, de me relever. J’ai rencontré des fraudeurs en masse. J’ai encore les mains liées à cause de certains contrats au moment où je te parle, mais je continue d’avancer pareil pis je lâche pas, pis je mords ! On m’avait prévenue sur la game de la business, on m’avait dit tu vas voir Véro, c’est des requins. Mais j’étais dans mon petit monde à me dire que non c’est des dauphins.

 

Il y en a des bonnes personnes, mais malheureusement selon mon expérience, il y a plus de crosseurs que de bonnes personnes. C’est plate, mais bon, à un moment donné, tu viens aussi à les reconnaître. Mais au début ça fait mal…

Qu’est-ce qui s’est passé ?


Pleins de choses ! Je me suis faite fraudée souvent et faite avoir! On m’a promis de faire des choses qui ne se sont jamais faites. C’est facile de rencontrer des professionnels qui te diront : oui oui on peut le faire. Erreur ! Demande des références !  J’ai élargi mon réseau avec le temps et je ne travaille qu’avec des entrepreneurs qui m’ont été référés par des personnes fiables autour de moi. Ils ont plus à perdre s’ils ne sont pas capables de faire la job en fin de compte.

Vous travaillez dans une industrie controversée. Quelles sont les plus grandes idées-reçues que vous devez combattre ?

 

La SexTech est vraiment axée sur le féminisme. On est capable de créer des produits pour nous. J’ai un vagin, j’ai un clitoris, je sais ce que c’est !

 

C’était une industrie dominée par les hommes avant, puis dans les dernières années, il y a eu une révolution. La co-fondatrice de l’empire des sextoys axés sur la technologie OhMiBod, Suki Dunham est une ex-employée d’Apple et elle fait de super bons produits. Pourquoi ? Parce que c’est fait par une femme, elle a un vagin, elle sait de quoi qu’elle parle ! Depuis les dernières années, des femmes entrepreneures se lèvent debout. Il s’agit de notre plaisir, c’est notre droit, on veut avoir nos orgasmes pis c’est comme ça qu’on les veut ! On est toutes ensemble dans un mouvement qui oui est controversé, mais qui est super féministe en bout de ligne. C’est du gros women empowerment notre affaire-là ! On se tient ensemble puis on est vraiment des lionnes (rires) !

Oui, il y a encore des préjugés, honnêtement, au début du projet ça m’affectait plus, je n’étais pas habituée. Je me suis fait traitée de tous les noms : « salope, bitch, frustrée, whatever ! ». Ça ne m’atteint plus, j’ai travaillé sur moi et je me concentre sur le positif, sur les gens qui sont intéressés. Les autres ne m’atteignent plus. Si ma mère me dit quelque chose, là ça va me toucher, je vais l’écouter, je vais y réfléchir, mais quand ça vient de Pierre, Jean, Jacques, sorry but not sorry, je m’excuse mais je m’en c****** ! Si tu n’aimes pas le mouvement t’as le droit.

 

À un moment donné, j’ai appris que je devais choisir mes batailles. Je fais mon mouvement, j’y crois à mon message, certains peuvent continuer à chialer, mais c’est bien dommage, mais ça ne m’empêchera pas d’avancer.

Vous vous attendiez à autant de backlash ?

Par exemple, Mel Goyer qui a créé le Festivulve, ce que les gens écrivent comme commentaires sur ses réseaux sociaux, c’est ridicule ! Il y a déjà quelqu’un qui a pris le temps de faire un montage d’une photo de nous puis qui a écrit des commentaires désobligeants. Écoute je n’en ai rien à foutre ! Quand j’ai lancé ma campagne de sociofinancement et que c’est sorti dans quelques médias, les commentaires que les gens écrivaient étaient choquants. C’est à partir de là que je me suis dit Véro t’as pensé à quoi ? Tu n’as pas fait une télécommande, une télévision, tu t’attendais à quoi ? Je pensais que tout le monde allait être derrière moi, mais non, ce n’est pas ça la réalité. Ils ont le droit de penser ce qu’ils veulent, mais je ne mettrai pas d’énergie là-dessus.

Vous avez eu recours au sociofinancement afin de rassembler votre première mise de fonds. Vous avez admis que ce fut un échec et que vous n’avez pas pu amasser la moitié de votre objectif qui était de 40 000$. Qu’avez-vous appris de cette expérience ?

Ça a été un échec, et j’étais un peu en dépression. Je m’imaginais déjà ramassant des millions, finalement je n’ai ramassé que 16 000$, oh boy! Et j’avais besoin de quelques centaines de milliers de dollars. J’ai quand même eu des gens qui se sont joints à mon mouvement, j’ai attiré l’attention d’investisseurs potentiels, ça m’a prouvé qu’il y avait quand même un intérêt, que j’étais capable de faire des ventes à l’international. C’était quelque chose pour moi, surtout qu’on n’arrêtait pas de me dire que je voyais trop les choses en grand. Je ne voulais pas juste viser la région ouest de Montréal…Think big !

J’aurais pu arrêter ça là pour vrai, mais j’ai relevé mes manches et j’ai continué. Je suis contente d’avoir continué parce que quand je regarde ça aujourd’hui, je suis fière de moi ! Je suis fière de voir où je suis rendue, je ne suis pas encore au niveau où je veux être, mais je continue. Trouver du financement, c’est la guerre dans n’importe quel projet. L’industrie du sexe, la restauration, l’alcool, ça rentre dans le même créneau, et c’est plus difficile de trouver du financement. Oublie ça, ils ne t’aideront pas, ils veulent rien savoir, t’auras beau te battre… Il faut que tu te débrouilles, que t’essaies de trouver des prêts, de trouver des investisseurs privés, des partenaires, un autre emploi, etc.

Mise à part, votre campagne de sociofinancement, quelle est l’expérience qui vous a fait remettre vos ambitions en question ?   

Mon hospitalisation à Vegas lors d’une foire commerciale. J’ai passé une semaine sur un lit d’hôpital et pendant 2 mois, j’étais en burnout. J’étais très faible et je devais prendre des décisions dans ma vie, ça pressait…

Qu’est-ce qui te motive à continuer malgré toutes les difficultés ? 

J’y crois à mon projet. Je vois que je fais une réelle différence. J’ai des articles au Canada bien entendu, mais aussi en Chine, en Australie, en Amérique du Sud, aux États-Unis. Ce n’est pas rien !

 

Si j’avais écouté les « consultants » du départ ou certains profs que j’ai eu, qui disaient que je visais trop loin, je visais trop haut. F** off !

 

Je vise ce que je veux et je connais mon potentiel et celui de l’industrie. Je n’ai pas de temps à perdre sur ces personnes et sur le négatif autour, je me concentre sur ceux qui me suivent et qui me supportent.

Miss  VV c’est une révolution, ce n’est pas juste un jouet sexuel. C’est un mouvement pour aider les femmes et les couples. Je veux surtout faire comprendre mon message : Confidence is sexy ! Sans prétention, il y a des gens qui me confessent que je suis un exemple pour eux (attention je ne suis pas un ange !), mais en terme de dépassement de soi, I f**king rock ! Ça me remplit de joie quand une personne fais des choix différents à cause de mon parcours, et qu’elle réussit à s’épanouir. J’y crois simplement et j’ai beaucoup grandi avec Miss VV, je ne suis plus la même personne qu’il y a 4 ans. J’ai mangé plusieurs coups, mais je fini toujours par me relever et continuer. Je n’avais aucune idée au départ de ce qui m’attendait, mais God que je suis contente d’avoir mis un pied devant l’autre et de m’être adaptée au fur et à mesure. Confidence is f**king sexy!

Pourquoi avoir choisi les slogans : « Confidence is sexy » et « Faîtes-vous confiance » ?

La vision derrière mon projet est très féministe.  C’est super important pour moi de mettre la femme à l’avant-plan, de lui permettre de sélectionner elle-même ce qu’elle veut selon son humeur, ses choix et ses désirs. Une sexualité saine et épanouie permet d’avoir une bonne estime de soi et d’être connectée avec soi-même. Les slogans que j’ai choisis sont les messages que je veux faire passer derrière la marque. Sois toi-même, sois à l’aise avec toi, apprends à te connaître. Qu’est-ce que t’aimes ? Pas juste dans ta sexualité, mais en général.

À l’adolescence, les jouets érotiques m’ont permis d’apprendre à connaître mon corps, mes désirs, mes besoins, et d’être heureuse et d’avoir un sourire en permanence sur la face!

 

Non mais on va se le dire, un orgasme, il n’y a rien de plus hot que ça !

 

Je veux aussi contribuer à briser les tabous. Les jouets érotiques c’est pour tout le monde et il n’y a pas de honte à ça. Si tu veux en parler, parles-en ! Si tu n’es pas à l’aise et tu ne veux pas en parler, mais que t’en as chez toi cachés, c’est correct aussi ! Tu n’es pas obligée de le crier sur tous les toits. Je veux aussi que les gens réalisent que je suis juste une fille comme les autres, qui a juste parti son projet, et que c’est positif.

Qu’est-ce qu’une sexualité positive, saine et épanouie pour vous ?

 

C’est se faire confiance dans sa sexualité et la déterminer. C’est toi qui choisit ce qui te fait plaisir, qui détermine vraiment ce que tu aimes et ce qui te rends heureuse.

 

Pour avoir une sexualité épanouie et déterminer ce que t’aimes, ben il faut d’abord que tu apprennes à te connaître. Il faut que tu prennes le temps de savoir ce que t’aimes et ce que tu n’aimes pas. Il faut prendre le temps de travailler sur soi, sur sa confiance et son estime de soi, c’est la base.  Et si tu n’as pas ça, tu ne pourras jamais gravir les échelons, tu ne réussiras pas dans la vie.

Et oui, les jouets sexuels peuvent être un des moyens afin d’apprendre à se connaître et à se procurer du plaisir, mais ça doit être toi qui le choisit, et il ne faut surtout pas en avoir honte. Quand j’ai une cliente qui n’a jamais eu de jouets érotiques et qui se procure le mien, c’est un honneur pour moi. Je lui explique toujours que ce n’est pas une menace, mais que c’est un bonus dans la vie. Je lui pose des questions et j’apprends à la connaître. Une femme qui était intéressée par Miss on the Go m’a avouée n’avoir jamais eu d’orgasmes. Et là, j’ai dû avoir une conversation avec elle et je lui ai carrément dit que je pouvais bien lui vendre mon jouet, mais que je pensais qu’avant, il fallait qu’elle apprenne à se connaître. Je lui ai suggéré de commencer à se toucher tranquillement lorsqu’elle prenait son bain, de commencer à regarder son corps dans le miroir. Tu sais, elle ne s’était jamais regardée… Et quand elle allait se sentir prête ben d’utiliser mon jouet. Ça ne m’intéresse pas de vendre sous pression, je veux que les femmes soient avant tout à l’aise avec mon produit. Je rentre dans l’intimité des gens, je ne vends pas une balayeuse après tout ! Quand tu as une sexualité épanouie, tu es sereine, tu es bien avec toi et ça a beaucoup de positif sur ton environnement. L’utilisation des jouets érotiques est une des manières d’y arriver. Je ne pense pas que si tu n’as pas de jouets érotiques, tu ne seras jamais heureuse dans ta vie là !

Miss VV’s Mystery célèbre ses 4 ans cette année, est-ce que vous arrivez à vivre de vos bénéfices ?

Non pas encore, Miss VV c’est un gros projet, beaucoup plus gros que ce que j’avais imaginé au départ et ça va prendre du temps. Malheureusement, on fait partie d’une génération qui est très fausse, qui pense que le succès ça vient rapidement et qu’en un an ton entreprise peut être profitable. C’est rare le succès rapide ! Je pensais comme ça, et je me suis totalement trompée.

C’est dur partir en affaires, sérieusement, c’est Rock’n’Roll. Rien à voir avec ce que tu vois sur Instagram. Shut Up ! Les Hashtag Living The Dream, f**k all living the dream ! Sérieux-là ?

 

Dans le fond, il y en a beaucoup des fakepreneurs aujourd’hui, et ça se voit, ça se reconnaît. Les vrais entrepreneurs, ils se la ferment.

 

Pour Miss VV,  j’ai un Instagram, mais si c’était de moi, je préfèrerais m’isoler, je n’aurai aucun médias sociaux. Ça me tombe sur les nerfs, c’est fake au max ! Souvent, ça prend des années et la majorité du monde qui sont en affaires vont te le dire, attends-toi pas à faire des profits avant un bon cinq à sept ans.  Il faut que tu réinvestisses, il faut faire beaucoup de sacrifices. Je réinvestis constamment, parce que je veux que mon entreprise grossisse. Moi c’est du long terme pas du court terme. En ce moment, je veux améliorer mon application, j’ai eu des problèmes et jusqu’à maintenant, j’en ai. Juste mon application m’a coûté 130 000$… juste mon app. ! J’ai eu cinq équipes de développeurs qui ont passés leur temps là-dessus, des problèmes qui n’en finissaient plus, et c’est ça qui me rendait folle, je n’avais aucun contrôle ! Crache le cash encore et encore parce que tu veux que ça marche. Pendant ce temps-là, tes distributeurs attendent et ça à un impact sur tes ventes. Il y a tout ça en arrière.

De quoi vivez-vous en ce moment ?

J’ai un baccalauréat en gestion et je me trouve des contrats. Trouver des contrats c’est pas un problème pour moi. Honnêtement, tout dans la vie marche par contact. C’est le fun aussi parce que ça me change de mon environnement.

Votre conseil à  une jeune entrepreneure qui veut se lancer dans l’industrie du jouet sexuel ?

Ma belle, attache ta tuque ! Il faut que t’aies les reins assez solides parce que franchement ça ne sera pas évident ! T’es-tu assez connectée, assez groundée avec toi-même ?  Il faut que tu sois assez solide, parce que quand il va venter, watch out ! Quand tu tombes, ça va faire mal. Pis je suis tombée plusieurs fois, et je me suis relevée. C’est un milieu où il y a beaucoup de potentiel et où l’on peut réellement faire une différence, mais faut que tu y rentres pour les bonnes raisons. C’est une belle communauté et des femmes qui se supportent ! Il faut juste arrêter de penser que tout est rapide. Ça se peut qu’en un an tu aies du succès, mais dans la réalité, souvent c’est pas ça.

Vous vous voyez où dans 10 ans ?

Je n’aime pas trop me projeter, je vis dans le moment présent. Dans 10 ans, je verrai ! Pour l’instant, je me concentre sur mon projet, je fais de mon mieux. Est-ce que ce sera encore Miss VV dans 10 ans, ça se peut, tout dépend de comment les choses évoluent. Je ne me mets plus de pression, c’est fini ! Je vis ma vie et je fais ce que je peux. Dans dix ans, je serai peut-être sur le bord de l’océan quelque part entourée des gens que j’aime !

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