Vivre avec le syndrome des ovaires polykystiques

Imaginez que vous êtes sur le point d’avoir 30 ans et que le désir d’avoir un enfant se fait grandissant, mais que votre corps ne fonctionne pas comme toutes les autres  femmes.Près d’une femme sur dix est atteinte du SOPK ,Syndrome des ovaires polykystiques, aussi appelé syndrome de Stein-Leventhal. Qu’en savons-nous vraiment?

Il me semble que toute ma vie, les hôpitaux m’aient vu plus de fois que je ne l’aurai voulu… Je ne vais pas me plaindre, car il y a pire. Tout a commencé avec une dystrophie de l’ovaire droit pour lequel on a du me garder en observation plusieurs semaines après ma naissance.  Le verdict est alors tombé, j’étais atteinte du syndrome des ovaires polykystiques et c’est à l’âge de la puberté que j’ai commencé à réellement en ressentir les symptômes.  Saviez-vous que le syndrome des ovaires polykystiques touche environs 1 femme sur 10 ? Avec 7 milliards de personne sur terre dont 49.6 % étant des femmes, cela fait beaucoup.

Alors qu’est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques exactement? Le SOPK se caractérise par une augmentation inhabituelle de la production d’androgènes (hormones mâles) dans les ovaires, ce qui perturbe la production d’ovules. Au lieu d’être libérés au moment de l’ovulation, les ovules se transforment en kystes, de petites poches remplies de liquide. Ces kystes s’accumulent dans les ovaires et augmentent parfois de volume.

Avec tout cela bien sûre, il y a une panoplie de symptômes qui se manifestent de manière différente. En effet vous pouvez constater des signes gynécologiques, cutanées, métaboliques ou d’une insuline-résistance. Pour certaines femmes les symptômes apparaissent durant l’adolescence et pour d’autres à l’âge adulte. Cela peut se traduire par une pilosité excessive du visage, par une forte acné, par une forte prise de poids et/ou une difficulté à le perdre, et j’en passe. Dans mon cas, mes cycles menstruels étaient dans un premier temps, tout simplement inexistants, pour preuve, je ne me rappelle pas de l’âge de mes premières règles. C’est vers mes 16 ans que j’ai pris conscience de tous ces changements hormonaux et que mes douleurs pelviennes se sont fait plus insistantes. D’ailleurs, l’un de mes premiers symptômes était gynécologique: pas de menstruation parfois pendant plus de 6 mois.

Le syndrome des ovaires polykystiques est incurable, il n’existe aucun traitement précis, alors chacun des médecins que j’ai vus a tenté de pallier à ce déséquilibre hormonal en me prescrivant une forme de contraception. J’ai essayé la pilule, très tôt, trop tôt selon mon père. Tout le monde n’y réagit pas de la même manière, autant dire que je fais partie de celles qui ne la supporte pas du tout et j’ai donc arrêté de la prendre en cachette.

J’étais trop jeune pour véritablement comprendre ce qu’était réellement le SPOK, mais je crois que j’ai commencé à évaluer la gravité de mon problème lorsqu’à 26 ans, un gynécologue très maladroit m’a lancé au visage “je ne pense pas que vous pourrez avoir d’enfant”.

Je vous rassure tout de suite, le syndrome des ovaires polykystique n’égale pas infertilité, mais plutôt une absence d’ovulation, ou une dysovulation, c’est-à-dire une ovulation de mauvaise qualité. Après une panoplie d’examens, un traitement est prescrit vous permettant de stimuler l’ovulation afin de vous aider à procréer.  Ceci étant dit, balancer à une femme qu’elle ne peut pas avoir d’enfants est un acte destructeur. Malheureusement, je n’étais pas assez informée sur la maladie, j’ai fait confiance à mon médecin alors je suis rentrée chez moi dévastée à l’idée de ne pas pouvoir avoir d’enfants, en colère comme moi-même de ne pas avoir pris ma condition au sérieux plus tôt et de me retrouver face à un mur.  C’est là qu’est venu le déclic, et j’ai commencé à travailler sur moi . À partir de ce jour-là je me suis mise à parcourir le web à la recherche d’information. Je pense avoir emprunté tous les livres portant sur le sujet  à la bibliothèque de Côte-des-Neiges.

“J’ai même changé de médecin. J’étais déterminée à trouver un moyen de changer son verdict. J’ai refusé cette condamnation à l’infertilité.”

Suite à cet incident et avec le suivi d’un nouveau gynécologiste, l’anneau vaginale m’a été prescrit et a demeuré pendant plusieurs mois un allié précieux qui me permettait d’avoir mes menstruations de manière régulière, le premier pas vers la normalité. À travers mes recherches, j’ai également compris qu’une alimentation saine et la pratique d’une activité physique pouvait améliorer ma condition de vie. Récemment, suite à une prise de sang pour vérifier mon état hormonale, suivi d’une échographie pelvienne, on m’a annoncé que mes ovaires fonctionnent, mais qu’il me serait nécessaire de les stimuler soit par injection en début de chaque cycle ou par la prise de comprimés afin d’obtenir des ovules saines.

En dépit de cette évolution, le combat continue. J’ai conscience que ça ne sera pas facile, mais avec le soutien de ma famille et particulièrement de mon conjoint, la lumière au bout du tunnel se fait de plus en plus visible et forte. Pour lui, l’infertilité n’est pas une fin en soi, il est ouvert à l’adoption et il en va de même pour moi. Simplement, le bonheur de voir notre amour fleurir en un enfant est quelque chose qui me pousse à me battre. Aussi, j’ai toujours eu la conviction d’être sur terre en partie pour cette raison, devenir mère. Je ne pense pas qu’il ait quelque chose de plus beau que ça. J’ai tant d’amour à donner, alors voir mon conjoint se joindre à moi dans cette épreuve en m’apportant autant de support et en étant si patient, me prouve, qu’en ce qui le concerne, j’ai fait le bon choix.

Ceci dit, j’espère pouvoir aider d’autres jeunes filles ou femmes à prendre conscience de leur symptômes assez rapidement afin d’adopter les meilleurs habitudes, celles qui rendent le quotidien plus facile à vivre. Bien que non-fatale chaque cas est diffèrent, mais la clef est de solliciter l’aide d’un professionnel rapidement afin d’être suivi de manière adéquate. Si vous souffrez de cette maladie, ou si vous vous posez la question, consulter au plus vite. Voici deux sites qui pourraient vous aider à comparer les symptômes que vous avez pu déjà déceler (FR, ANG). Comme pour toute autre maladie, le plus vite on est suivi le mieux on se porte.

Sources :

  1. Mavromati, Maria, and Jacques Philippe. “Syndrome Des Ovaires Polykystiques : Quoi De Neuf ?” Revue Médicale Suisse, 2015, [Website]
  1. Pasquesoone, Quitterie. “Syndrome Des Ovaires Polykystiques : Quels Sont Les Risques D’infertilité ?” Magicmaman.com, 19 Sept. 2018, 10:53, [Website]
  2. “Le Syndrome Des Ovaires Polykystiques (SOPK).” Hysterectomy | Canadian Women’s Health Network. [Website]
  1. Martory, Julie. “Le Syndrome Des Ovaires Polykystiques, SOPK.” Https://Www.passeportsante.net/, 25 Oct. 2017, [Website]
  1. Posted under Health Guides. Updated 29 August 2012. +Related Content. “SOPK: Guide Pratique Sur Le Syndrome Des Ovaires Polykystiques Pour Les Adolescentes.” Center for Young Women’s Health, Health Guide, 10 Aug. 2015, [Website]

  • Commentaires ( 5 )

  • Clara

    un combat qui fera surement de TOi une maman encore meilleure que tu ne l’imagines, peu importe l’issue des choses. Keep Fighting and life WILL give You what’s best for you 🙂

    • Jackie

      Merci a toi Clara, tes mots sont tres apprecies.

  • Sandra

    Courage, compassion et espoir sont les troIs mots qui rÉsument cet article. Jaime ce premier article de Mme.atraoré, en esperant en lire plus. Bravo à toutes les femmes qui ont creés cette plateforme et à toutes celle qui s’y impliquent. Xo sandra❤️

    • Jackie

      J’aime le fait que ce soit ces trois mots qui ressortent pour toi, je pense aussi qu’ils resument bien le combat mene. Merci du plus profond de mon coeur.

  • Ettien

    Beau Combat. KEEP GOING. Belle rédaction.

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